COMMUNIQUE CRER 

 

Bruxelles - Juillet 2009 

 

« Le Comité ministériel restreint élargi s'est mis d'accord samedi soir, dans le cadre de l'accord de gouvernement, sur une "instruction" détaillant les critères de régularisation en application de la loi relative à l'accès au territoire, dont "l'ancrage local durable" et "les procédures anormalement longues" constituent la pierre angulaire. » 

 

Cette nouvelle est colportée telle une victoire attendue depuis plus d’un an: « L'accord à propos de la régularisation des sans-papiers, intervenu samedi soir, vise à régler une problématique qui minait le gouvernement depuis un an et demi. ».

Autrement dit, c’est LE problème qui bloquait le gouvernement depuis tout ce temps et le voilà résolu en un temps record. 

 

Certains se réjouissent et se disent que, tout compte fait, tout est bien qui finit bien ; ils sont prêts à ranger calicots et porte-voix, satisfaits d’avoir, d’une certaine façon, gagné.

Ceux-là peuvent aller se reposer et sont remerciés de leurs efforts et leur soutien. 

D’autres, cependant, continuent à se poser des questions et regardent au-delà de cette information largement médiatisée.

Et que trouve-t-on derrière ces critères de régularisation ?

Le choix sélectif de certaines catégories de personnes qui pourront bénéficier des droits et d’autres qui seront maintenues dans l’exclusion sociale et l’exploitation.

 

Une opération « One Shot »  (une fois) pour régler un « problème » avec les immigrés aujourd’hui mais aucune perspective d’avenir pour éviter de nouvelles situations inhumaines, la moindre mise en cause de la loi de 1980 sur l’accès au territoire et son application, et encore moins sur les centres fermés et les expulsions… 

 

Le gouvernement prend des décisions pour résorber son manque de transparence et de débat politique sur les questions de fond et veut nous faire croire à sa bonne volonté de vouloir régulariser certains. Mais en gardant la même politique d’immigration on est condamné à revivre encore et encore les mêmes situations d’exclusion et de souffrance, lesquelles ne font que conforter les positions politiques racistes des partis xénophobes. 

 

Malgré une dénonciation constante des différentes ONG et organisations de soutien au sans-papiers, de nouveaux budgets ont été récemment votés pour la création de nouveaux centres fermés. Les immigrés sont un danger, il faut les enfermer !

Lire sur les carnets noirs des centres fermés ; http://www.lesdoigtsdanslacrise.info/docs/le_carnet_noir_2.pdf

 

Ensuite, parue au Moniteur Belge la semaine dernière, une Circulaire envoyée par le Ministère de l’Immigration demande aux bourgmestres et chefs de police locale et fédérale des enquêtes de voisinage et pousse les citoyens à la délation. Dénoncez vos voisins s’ils n’ont pas de papiers !

Lire ici ; http://regularisation.canalblog.com/

 

Cette politique d’immigration glisse subtilement, lentement mais sûrement vers un système fasciste où l’exclusion de certaines catégories de la population et l’aide apportée par la population seront sévèrement punis, prenons exemple chez nos voisins Français et Italiens qui appliquent déjà de lourdes peines pour « délit de solidarité » 

 

Quel monde nos dirigeants nous préparent-ils ? Quel avenir souhaitons-nous pour nos enfants ? Un monde où la solidarité (sentiment qui pousse les hommes à s’accorder une aide mutuelle)[1] devient un délit (fait qui cause un dommage à autrui et oblige à une réparation)[2] ? Un monde où nous disons à nos enfants que « ce n’est pas beau de rapporter » mais qui produit des lois où dénoncer son voisin est une action citoyenne ? 

 

Il y a une soixantaine d'années nous disposions déjà d'une institution exceptionnelle qui nous permettait de régler le problème une fois pour toutes en enfermant et se débarrassant des indésirables tels que juifs, homosexuels, tziganes, handicapés, communistes et tous ceux qui se battaient pour un concept abstrait qu'on appelle la "liberté". Grâce à un système de communication efficace appelé « collabos », on les arrêtait, déportait en camp de concentration et le problème était réglé ! Ni vu, ni connu ! Et il a heureusement disparu en 1945 ! 

 

Aujourd’hui, malheureusement, il semble que, soit les politiciens soient trop jeunes pour s’en souvenir, soit qu’ils aient massivement séché leurs cours d’histoire, soit qu’ils soient frappés d’une épidémie d’Alzheimer car leurs différentes propositions rappellent furieusement des étoiles de diverses couleurs appliquées sur les poitrines de ceux qu’il fallait éradiquer ! 

 

Alors, juste pour rappel, notre beau pays qu’est la Belgique et dont « les immigrés menacent (tellement) l’identité culturelle » fut tour à tour : Celte, Romain, Franc, Français, Germain, Hollandais, Autrichien, Espagnol! Si ça c’est pas du Zinneke !

 

De plus, si chacun voulait faire sa généalogie, il y en aurait certainement plus d’un qui serait surpris et qui, on peut rêver, se mettrait à réfléchir ? 

Nous demandons :

  • Un moratoire pour arrêter les Expulsions
  • La libération des personnes enfermées dans les centres de rapatriement
  • La suppression des centres fermés
  • Un audit de l'Office des Etrangers, du CGRA et du CCE
  • L'ouverture de nouveaux centres ouverts avec les budgets prévus pour les nouveaux centres fermés.
  • Un maximum de 6 mois en centre ouvert pour les demandeurs d’asile (comme recommandé par les Médiateurs fédéraux )