06 novembre 2009
"Délit de solidarité" ; Une épicière de Mulhouse condamnée...
Eric Besson avait promis qu'il n'y aurait jamais de poursuites pour délit de solidarité. Sonia Celebi vient d'être condamnée à un mois de prison pour aide à séjour irrégulier : elle hébergeait un homme qui risque l'incarcération à perpétuité dans son pays d'origine.
Sona Celebi a été condamnée par le tribunal correctionnel de Mulhouse à un mois de prison avec sursis pour aide à séjour irrégulier et travail dissimulé, a fait savoir son avocat, vendredi 6 novembre.
Avec son mari, Sona Celebi, épicière à Mulhouse, a accueilli à son domicile un ressortissant turc, Mehmet Comut. Cet homme se trouvait sans titre de séjour et sa la demande d'asile à la France a été rejetée à trois reprises.
Un agent de l'Urssaf l'avait trouvé derrière le comptoir de la petite épicerie de quartier lors d'un contrôle au mois d'août.
Menacé de mort
Mehmet Comut avait alors affirmé qu'il donnait "un petit coup de pouce" au magasin "de façon tout à fait occasionnelle" et de sa propre initiative.
"Il ne travaillait pas chez moi", a indiqué Sona Celebi, jeudi lors de l'audience où elle était soutenue par le "comité Comut" qui réunit des représentants locaux de la Ligue des droits de l'homme, de RSF 68, de la Cimade ainsi que du PCF et du NPA d'Olivier Besancenot.
Maître André Chamy a fait valoir que le couple Celebi s'était comporté avec cœur en soutenant, malgré ses faibles revenus, une personne menacée de mort en cas de retour dans son pays. "Il n'y avait aucun lien de subordination même ressenti", selon l'avocat. Le journal L'Humanité rappelle que Mehmet Comut, militant du TKP-ML, Parti communiste marxiste-léniniste de Turquie, a été condamné à mort en 1996 par la cour de sûreté de l’État d’Istanbul, une peine commuée depuis en réclusion à perpétuité.
Promesse d'Eric Besson
Maître André Chamy a jugé aberrant que la préfecture demande un certificat d'hébergement à Mehmet Comut et qu'on s'attaque ensuite à ceux qui l'hébergent "alors que le ministre de l'Immigration Eric Besson a affirmé qu'il n'y aurait jamais de poursuite pour délit de solidarité.
Le tribunal a condamné l'épicière pour aide au séjour irrégulier d'un étranger en France, emploi d'un étranger démuni d'autorisation de travail et travail dissimulé. Le parquet a essentiellement fait valoir le risque d'une exploitation de la vulnérabilité de personnes en situation irrégulière qui travaillent sans protection sociale.
Source : tempsreel.nouvelobs.com
25 octobre 2009
L « Humaniste » Melchior Wathelet, Ministre de l’Immigration va enfin annuler la circulaire qui appelle à dénoncer les étrangers
Le gouvernement belge pousse les citoyens a la délation pour arrêter les clandestin, la chasse aux sans papiers est ouverte !!!!
Voici la nouvelle circulaire du ministre belge de l'immigration qui ordonne aux forces de police/bourgmestres d'arrêter les clandestins et pousse les citoyens Belges a dénoncé ceux qui vivent dans leur quartier, on n’est pas en 40 mais c'est tout comme...
VOIR ICI ; http://regularisation.canalblog.com/archives/2009/07/19/14446901.html
20 octobre 2009
UN CHARTER POUR EXPULSER LES REFUGIES AFGHANS !!!
Une pétition de protestation circule sur Internet et a déjà récolté récolte 10.000 signatures...
Il s'agirait du premier vol groupé depuis 2005. Le départ d'un charter franco-britannique d'immigrés afghans serait programmé pour mardi soir après une étape à Lille-Lesquin, a déclaré lundi un responsable de la Cimade, confirmant des informations obtenues à Lille.
Une quinzaine d'Afghans
Selon Libération, 10.000 signataires demandent, dans une pétition lancée par France Terre d'Asile (FTA) et une trentaine d'organisations européennes, l'annulation de ces retours forcés. Parmi eux: Marie-George Buffet, José Bové, mais aussi Etienne Pinte, député UMP de Versailles. Selon Damien Nantes, responsable de la Cimade, seule association présente dans les centres de rétention (Cra), «une quinzaine de ressortissants afghans seraient concernés».
Interrogé sur la programmation d'un tel vol groupé, le ministère de l'Immigration n'avait pas donné de réponse ce lundi en fin d'après-midi. Au lendemain du démantèlement de la «jungle» de Calais, le 22 septembre dernier, le président Nicolas Sarkozy avait annoncé l'organisation de retours forcés en Afghanistan en coopération avec le Royaume-Uni, conformément à un accord franco-britannique en date du 6 juillet 2009.
Il y a deux semaines, des associations de défense des sans-papiers et des droits de l'Homme avaient annoncé qu'un charter franco-britannique était programmé le 6 octobre pour Kaboul, en partance de Londres avec escale à Lille-Lesquin. Le ministère de l'Immigration avait démenti l'existence d'un tel vol ce jour-là, mais le ministre Eric Besson avait déclaré que des vols pour Kaboul seraient organisés «dans les jours qui viennent».
M. D. avec agence
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09 octobre 2009
Pétition de soutien à un cinéaste poursuivi pour délit de solidarité
Pétition de soutien à un cinéaste poursuivi pour délit de solidarite
José Chidlovsky, réalisateur d’un documentaire sur les sans-papiers a hébergé une jeune Algérienne pendant son tournage.
Il fait l’objet d’une procédure judiciaire pour délit d’entraide aux sans-papiers et encourre 5 ans de prison plus 30.000 euros d’amende s’il était mis en examen.
Son documentaire, Journal de sans-papiers, traite des conditions de vie des sans papiers et témoigne de leur quotidien.
Signez la pétition de soutien à José Chidlovsky : http://zadigproductions.fr/?page_id=201
(Article paru dans l’Humanité du 6 octobre)
30 août 2009
Interview a Benoît Van der Meerschen, président de la ligue de Droits de L'Homme.
Interview a Benoît Van der Meerschen, président de la ligue de Droits de L'Homme.
25 août 2009
Plus les sociétés deviennent inégalitaires, plus elles sont attachées à la diversité
Entretien avec Walter Benn Michaels, auteur de "La diversité contre l'égalité" (Raisons d'agir, février 2009).
Marianne2.fr : Pour vous, le débat sur la diversité masque l'accroissement des inégalités économiques?
Walter Benn Michaels : Oui. Au cours des 30 dernières années, les pays comme la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada sont devenus de plus en plus inégalitaires, économiquement parlant. Et plus ils sont devenus inégalitaires, plus ils se sont attachés à la diversité. C'est comme si tout le monde avait senti que le fossé grandissant entre les riches et les pauvres était acceptable du moment qu'une partie des riches sont issus des minorités.
Vous considérez qu'il s'agit d'un écran de fumé et qu'il est délibérément mis en place. Pourquoi et par qui?
Non, il n'y a pas de complot ici. Je pense que les gens se sont de plus en plus attachés à un modèle libéral de justice, dans lequel la discrimination — racisme, sexisme, homophobie, etc. — est le pire de tous les maux. Si ça marche, c'est à la fois parce que c'est vrai — la discrimination est évidemment une mauvaise chose — et parce que ça ne mange pas de pain— le capitalisme n'a pas besoin de la discrimination. Ce dont le capitalisme a besoin, c'est de l'exploitation.
Vous expliquez que la diversité ne réduit pas les inégalités, mais permet seulement de les gérer. Que voulez-vous dire?
Eh bien, il est évident que la diversité ne réduit pas les inégalités économiques. Si vous prenez les 10% de gens les plus riches (ceux qui ont en fait tiré le plus de bénéfices de l'explosion néolibérale des inégalités) et que vous vous assurez qu'une proportion correcte d'entre eux sont noirs, musulmans, femmes ou gays, vous n'avez pas généré plus d'égalité sociale. Vous avez juste créé une société dans laquelle ceux qui tirent avantage des inégalités ne sont pas tous de la même couleur ou du même sexe.
Les avantages en termes de gouvernance sont assez évidents, eux aussi. L'objectif du néolibéralisme, c'est un monde où les riches peuvent regarder les pauvres et leur affirmer (à raison) que personne n'est victime de discrimination, leur affirmer (tout autant à raison) que leurs identités sont respectées. Il ne s'agit pas, bien sûr, de les rendre moins pauvres, mais de leur faire sentir que leur pauvreté n'est pas injuste.
Vous allez même plus loin puisque vous expliquez que le combat pour la diversité a partie liée avec une logique néolibérale. Pourtant il a existé des convergences, que vous évoquez dans le livre, entre luttes économiques et revendications portées par des minorités. Pourquoi ces convergences ont-elles disparu aujourd'hui?
La convergence que vous évoquez entre la lutte contre la discrimination et le combat contre l'exploitation n'était qu'une convergence temporaire. Ainsi, par exemple, aux Etats-Unis, les Noirs radicaux se sont battus à la fois contre le racisme et le capitalisme. Des gens comme le Black Panther Bobby Seale ont toujours estimé qu'on ne peut pas combattre le capitalisme par le capitalisme noir, mais par le socialisme. Mais avec l'ère du marché triomphant débutée sous Reagan et Thatcher, l'antiracisme s'est déconnecté de l'anticapitalisme et la célébration de la diversité a commencé. Bien entendu, il n'y a rien d'anticapitaliste dans la diversité. Au contraire, tous les PDG américains ont déjà eu l'occasion de vérifier ce que le patron de Pepsi a déclaré dans le New York Times il y a peu: « La diversité permet à notre entreprise d'enrichir les actionnaires ».
De fait, l'antiracisme est devenu essentiel au capitalisme contemporain. Imaginez que vous cherchiez quelqu'un pour prendre la tête du service des ventes de votre entreprise et que vous deviez choisir entre un hétéro blanc et une lesbienne noire. Imaginez aussi que la lesbienne noire est plus compétente que l'hétéro blanc. Eh bien le racisme, le sexisme et l'homophobie vous souffleront de choisir l'hétéro blanc tandis que le capitalisme vous dictera de prendre la femme noire. Tout cela pour vous dire que même si certains capitalistes peuvent être racistes, sexistes et homophobes, le capitalisme lui-même ne l'est pas. Si dans les années 60 les Black Panthers pensaient qu'on ne pouvait pas combattre le capitalisme par le capitalisme noir, aujourd'hui, dans la crise économique actuelle, des gens comme Yazid Sabeg espèrent qu'on peut sauver le capitalisme grâce au capitalisme « black-blanc-beur ».
Vous ne semblez pas être un fervent partisan de la politique de discrimination positive telle qu'elle est menée actuellement aux Etats-Unis. Que préconiseriez-vous afin de rendre moins inégalitaire le système éducatif américain ?
Ces quarante dernières années, les étudiants des universités américaines ont changé, et de deux façons. Premièrement, ils se sont beaucoup diversifiés. Deuxièmement, ils sont toujours plus riches. Cela signifie qu'alors que les universités américaines se sont autoproclamées de plus en plus ouvertes (à la diversité), elles se sont en réalité de plus en plus fermées. Ça ne veut pas seulement dire que les jeunes issus de milieux modestes ont du mal à payer leur scolarité, ça signifie aussi qu'ils ont reçu un enseignement si bas de gamme dans le primaire et le secondaire qu'ils n'arrivent pas à passer les examens d'entrée à l'université.
Donc, la première chose à faire lorsqu'on décide de mettre en place une politique de discrimination positive, c'est de le faire par classes et non par races. La seconde — mais de loin la plus importante — chose à faire serait de commencer à réduire les inégalités du système éducatif américain dès le primaire. Tant que ça ne sera pas fait, les meilleurs universités américaines continueront à être réservées aux enfants de l'élite comme le sont, pour l'essentiel, les meilleures grandes écoles françaises. Même si, bien sûr, vos grandes écoles ainsi que vos universités les plus sélectives, puisqu'elles sont gratuites ou bien moins chères que leurs homologues américaines, apportent un avantage supplémentaire aux riches — c'est une redistribution des richesses, mais à l’envers.
Barack Obama est présenté, en France, comme un produit de la discrimination positive. Comment interprétez-vous sa victoire électorale et l'engouement qu'elle a pu susciter ?
Sa victoire, c'est le triomphe totale de l'idéologie néolibérale aux Etats-Unis, le triomphe de la diversité et en même temps celui des marchés. Ce n'est pas un hasard si des économistes démocrates conservateurs comme Larry Summers ou Tim Geithner sont ses conseillers les plus proches. Si ce que vous voulez, c'est sauver le système économique néolibéral de la crise, c'est une bonne chose. Nous savons tous que l'administration Bush était trop distraite par ses lubies impérialistes du XXe siècle pour s'apercevoir que Wall Street avait plus besoin d'aide que l'Irak. Obama ne fera pas cette erreur. Mais si vous voulez que le système change fondamentalement, ne comptez pas sur les Démocrates. Du point de vue de la justice économique, Obama, c'est juste un Sarkozy noir. Bien sûr, ce n'est pas un problème pour Sarkozy, mais c'est un problème pour tous les gens qui se disent de gauche, qui aiment Obama et pensent que l'engagement dans la diversité dont il est le produit va également produire une société plus égalitaire.
Le thème central de La diversité contre l'égalité, c'est qu'ils se trompent ; la diversité est au service du néolibéralisme, et non son ennemie. Ce n'est pas une adresse à Sarkozy — il sait déjà qu'une élite diversifiée est une élite plus heureuse, plus autosatisfaite. Cela s'adresse à la gauche, à ceux qui préfèrent s'opposer au néolibéralisme, plutôt que l'améliorer.
Source : Marianne2.fr (le titre et le chapo ont été rédigés par la rédaction de l'Observatoire du communautarisme)
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4ème de couverture :
A la télévision comme dans les entreprises, au Parti socialiste comme à l'Elysée, à Sciences Po comme à l'armée résonne un nouveau mot d'ordre: Vive la diversité ! Avec l'élection de Barack Obama, le bruissement s'est changé en clameur. Désormais, chacun devrait se mobiliser pour que les femmes et les "minorités visibles" occupent la place qui Leur revient au sein des élites. Mais une société dont les classes dirigeantes reflètent la diversité a-t-elle vraiment progressé sur le chemin de la justice sociale ? A cette question jamais posée, Walter Benn Michaels répond par la négative. La promotion incessante de la diversité et la célébration des " identités culturelles " permettent au mieux, selon lui, de diversifier la couleur de peau et le sexe des maîtres. Sans remettre en cause la domination qui traverse toutes les autres : celle des riches sur les pauvres. A l'aide d'exemples tirés de la littérature, de l'histoire et de l'actualité, ce livre montre comment la question sociale se trouve désamorcée lorsqu'elle est reformulée en termes ethnico-culturels. Plus fondamentalement, il s'interroge sur l'objectif d'une politique de gauche: s'agit-il de répartir les inégalités sans discrimination d'origine et de sexe, ou de les supprimer ?
Biographie de l'auteur :
Walter Benn Michaels est professeur de Littérature à l'université de l'Illinois à Chicago.
31 juillet 2009
Expulsion de Saint Lazare, Réforme du gouvernement, Rencontre avec Wathelet...
Connaissant la tendance à ne pas lire les mails trop long sur internet, j'ai divisé ce mail assez complet en 3 parties afin que chacun aille lire la partie qui l'intéresse :
(1) Expulsion de Saint Lazare, faits et impressions
(2) L'expulsion mise en lumière avec les autres, de manière plus globale par la réforme du gouvernement
(3) La rencontre avec le nouveau Ministre de l'asile et immigration, Melchior Wathelet, à son cabinet
Cette troisième partie est divisée en 3 sous-sections :
A. Les grandes lignes du discours
B. Les questions sur des points objectifs liés aux nouvelles instructions
C. Mes impressions générales sur le cabinet
(1) L’expulsion de Saint Lazare, faits et impressions
Je reviens de l’expulsion du bâtiment place Saint Lazare avec une acidité particulièrement âcre dans la gorge. Arrivé assez tard, vers 11h, le bâtiment était quasiment vidé et les gens dispersés. Les flics, arrivés en hélicoptère, sont descendus par 2 groupes de 6 dans le bâtiment par le toit, et ont commencé à pousser les gens vers l’extérieur (attesté par les porte-paroles et un proche de Philippe qui habite en face). L’entièreté du quartier était bouclée. Comme l’a dit l’article précédent, l’expulsion s’est passé dans un calme « relatif », soit des arrestations administratives pour les gens qui restaient sur le toit. L’expulsion étant confirmée depuis hier soir, beaucoup d’occupants avaient déjà quittés le bâtiment durant la nuit. Ce n’était pas une surprise : fortis avait introduit 2 référés et le bourgmestre bloquait depuis un moment : un accord avait été prévu avec la commune, les occupants constituaient tous un dossier afin d’engager des démarches de régularisation, et une fois cette démarche réalisée, ils devaient partir du bâtiment. Une fois ces dossiers rentrés, le bourgmestre n’aurait pu continuer à bloquer l’expulsion réclamée par fortis depuis les premières annonces d’expulsion il y a maintenant un mois (pour avoir été en contact avec un des représentants communaux il y a un mois, je sais que fortis faisait déjà d’énormes pressions sur eux depuis le début).
Hier déjà, une bonne proportion de policiers, chiens en laisse, faisait la garde devant l’occupation, pour « vérifier que seuls les habitants de l’occupation entrent dedans » (reconnaissables car chacun disposait d’une carte d’occupant, la peur avouée était que les expulsés du Boulevard de l’Empereur ne débarque en masse à l’occupation, ce qui, selon moi, aurait nécessité de nouvelles démarches en référé si les premiers partaient suite à l’accord avec le bourgmestre, mais je ne peux pas l’affirmer).
Je préfère ne pas d’informations relatives à la possible suite du parcours des occupants, qui étaient largement dispersés, sur le trottoir avec leurs bagages, dégagés par les camions de flics quand je suis parti. Mon amertume par rapport aux autres occupations est particulière, les flics et pompiers étaient en train de littéralement détruire le bâtiment : fenêtres extérieures, cloisons, canalisations, seuls restent les murs. La relation particulière entre la crise économique, les 9 milliards de l’état livrés à Fortis, sa baisse impressionnante des taux d’intérêts pour les investissements dans les derniers mois et sa volonté de garder un bâtiment qu’elle considère sa propriété privée, et qu’elle préfère détruit qu’occupé (à savoir que les occupants avaient justement réparés d’eux-mêmes la plomberie, et donc entrepris des travaux de rénovations pour leur propre bien être dans l’occupation, cette destruction coûtera donc plus cher à Fortis pour les années à venir, mais qu’importe, ce type de choix est purement politique). Alors que je faisais demi-tour pour rentrer, en me remémorant les paroles d’Aristide Bruant (« A Saint Lazare ») reprises par Parabellum, un flic m’a signifié que je devais continuer ma route et faire le tour, je cite : « Une fois que vous êtes là, c’est le point de non retour ». Sans doute la phrase la plus profonde qu’il aura dite de sa vie, sans le vouloir, etq ui résonne en moi avec l’écho des éclats de rire et de vitres issus de ses différents collègues comme une double mise en abyme : celle de mon engagement, et celle de sa discipline.
(2) L'expulsion en lumière des autres et de la réforme du gouvernement, approche globale
Cette expulsion est à mettre en lumière avec les récents événements politiques et la radicalisation des expulsions des occupations. Après un an et demi de refus total d’établir des critères clairs, situation partiellement débloquée par l’établissement de critères provisoires, cette solution bancale, mais apparemment nécessaire (après tout, on ne s’attendait plus à rien), est utilisée comme un prétexte à la fin des occupations. Cette semaine a été celle du grand nettoyage : les 150 indiens qui dormaient dans le parc de la Porte de Halle ont été évacués, suivi à quelques jours près des sans papiers logeant au bord du Boulevard de l’Empereur, en face du PS, puis de Saint Lazare.
Cette réforme du gouvernement est en effet un coup de génie politique du VLD : d’une part, une petite fenêtre s’ouvre, une petite serrure est débloquée du côté du ministère de l’asile et de l’immigration en proposant lors des derniers accords des termes flous qu’il conviendra ensuite de définir en élargissant au maximum, au travers des pressions de la société civile et des associations, le minuscule cadre qu’elles présentent. Ainsi, en livrant le ministère au CDH, la situation se décoince très légèrement du côté de l’immigration (à prendre avec des pincettes, mais tout est lent dans ce genre de procédure et je pense qu’on peut considérer les infimes avancements que sur un très long terme politique), mais en prenant le ministère de l’intérieur, la situation se serre du côté de la sécurité. Pour ma part, je rejoins intellectuellement les thèses foucaldiennes de la construction de l’image et de la criminalisation du sans papier (qui réunit toutes les craintes : économique, judiciaire, politique, sécuritaire) comme figure nécessaire de légitimité des politiques déjà appliquées (et non à appliquer), et notamment des politiques de sécurité (cf. Denis Duez, « L’union européenne et l’immigration clandestine », éditions de l’université de Bruxelles), autour de la nécessité du maintien d’une identité nationale (essentiellement présente en Flandre) ou d’une création d’une identité supranationale (européenne). Cette grille offre peu d’espoir quant à l’avenir de l’évolution des politiques d’immigration en Europe, et peu de surprise quant à ces modifications politiques.
(2) La rencontre au cabinet Wathelet
Néanmoins, hors des cadres théoriques poussant au « pessimisme de l’intelligence » (qui doit s’allier à « l’optimisme de la volonté », pour reprendre Gramsci), je pense qu’il faut également prêter attention aux impressions et aux analyses des discours qui, quoi que l’on ne pense de la place et du rôle de l’état dans l’organisation de la société, sont issues des élus compétents.
Le nouveau ministre de l’asile et de l’immigration, Melchior Wathelet nous a, hier matin, reçu 2 délégations : l’une des occupants de Saint Lazare, l’autre avec des membres de la CRER, un avocat (Olivier Stein) et des représentants d’un comité de sans papiers (le Comité de Droits et de Liberté). Je vais énoncer d’une part ce qui a été objectivement dit, et d’autre part, mes impressions générales sur le CDH.
Tout d’abord, le ministre nous a reçus en personne, avec deux membres de son cabinet. Cela peut sembler anodin dans une démocratie, mais depuis 2 ans, les différents acteurs du mouvement des sans papiers, voire même les autres ministères (je pense au refus de Turtleboom de communiquer avec Marie Arena), étaient privés d’interlocuteurs. Désormais, un dialogue, même dans un contexte de confrontation des idées, est amorcé. C’est lui-même qui a répondu aux questions.
Le ministère est actuellement en train de former ses équipes, nous n’avons donc pas encore eu de personne de contact au cabinet. Le ministre m’a semblé réellement concerné de sa problématique, il s’est directement présenté comme reprenant un dossier qu’il ne maitrisait pas et montrait un désir de s’investir dedans en prenant contact avec les différentes associations liées à l’immigration afin de les écouter (la veille, il avait rencontré Forum Asile et Migration).
(A) LES GRANDES LIGNES DU DISCOURS
Concernant les instructions, plusieurs points ont été abordés. J’insiste sur le fait que je ne fais ici que reporter les informations de la réunion, et que je ne porte encore aucun avis sur leur formulation, ma volonté est de relayer ce qui a été. Quelques lignes générales peuvent ressortir du discours du ministre, suite aux questions des sans papiers qui abordaient le sujet des gens qui n’avaient pas les preuves de leur présence sur le territoire, soit parce qu’ils ne s’étaient jamais déclarés, soit parce qu’ils avaient utilisés de fausses identités. : (1) il n’encourage certainement pas l’utilisation d’une fausse identité (tout avocat affirmera que la nécessité de preuve est d’ailleurs décisive dans l’introduction d’un dossier de régularisation, les déclarations sur l’honneur ne suffisant pas), (2) il ne peut rien faire pour des personnes qui ne se sont jamais déclarées et n’ayant jamais désiré introduire de dossier de régularisation ou se déclarer aux autorités belges. Un des chefs de la police interprètera après la réunion cela avec une image assez poétique : « quand on est malade et qu’on ne va pas chez le médecin, on ne guérit » (je vous laisse juge de méditer sur ce type de déclaration).
D’autre part, la volonté de rencontre du ministre avec les différents acteurs du mouvement est liée, selon lui, au fait qu’il est conscient que la politique actuelle du one shot ne sert qu’à débloquer une situation particulièrement critique de l’actualité, mais qu’il faut préparer la suite pour les années avenirs. Selon ses propres mots « c’est maintenant que le défi commence ».
(B) CE QUI A ÉTÉ OBJECTIVEMENT ÉCLAIRCI PAR RAPPORT AUX INSTRUCTIONS :
• La notion de « Tentative sérieuse » d’obtenir un séjour doit encore être clarifiée, on sait déjà ce qu’elle veut dire : introduction d’une procédure d’asile ou de régularisation, obtention de tout type de visa (étudiant, séjour légal temporaire, regroupement familial). La question se pose pour ceux qui ont voulu faire une demande régularisation avant le 18 mars 2008 mais qui en ont été dissuadés par leurs avocats ou associations (par exemple, les avocats qui n’étaient pas prodéo ont préféré ne rien introduire que de prendre de l’argent de leurs clients). Les instructions actuelles défavorisent également les sans papiers qui n’ont pas voulu abuser des procédures administratives. Les ministres est conscient de cette problématique mais n’a pas encore tranché (les avocats qui déconseillaient l’introduction des dossiers assument visiblement cette prise de position et ont prévu des réunions avec le cabinet afin de débloquer cette situation).
• Le cabinet réunit, au plus vite, les informations concernant les gens enfermés en centre fermé, afin d’éviter toute expulsion de personne qui rentrerait dans les critères. Le ministre a affirmé que, depuis la publication des instructions, personne ne rentrant dans ces critères n’avait été expulsé. Connaissant, pour avoir participé à des groupes de visiteurs de centres fermés, les nombreux dysfonctionnements de cette administration particulière, j’invite cependant les associations ou les organisations compétentes (je pense notamment au CIRE) à participer au contrôle de ce type de vérifications par les administrations dans les centres fermés.
• Concernant les familles (et enfants) toujours détenues dans les centres fermés, le ministre a affirmé qu’il avait une réunion en septembre pour que cela cesse.
• Concernant le problème du cycle infernal de l’obtention du permis de travail nécessitant un titre de séjour légal, mais du titre de séjour légal nécessitant un permis de travail (situation donc complètement absurde et sans solution), le ministre a affirmé avoir une réunion cette semaine avec les régions avait de résoudre ce problème.
(C) MES IMPRESSIONS :
Je n’attends pas grand-chose des politiques d’immigration à venir. Je suis assez mitigé par mes impressions en sortant du cabinet : d’une part, je pense honnêtement que le CDH est véritablement un des meilleurs alliés du combat pour la régularisation. D’autre part, je suis un peu inquiet de l’impression générale que m’a donnée le parti le plus progressiste (selon moi) au pouvoir actuellement, qui se recoupe avec la politique européenne globale. Il est toujours question de contrôle des flux (le ministre parlait d’augmentation des chiffres, alors que les données issus du « year book on illegal migration » du international centre for migration policy developpement, citées par D. Duez, cf. supra, de 2004, disent le contraire). Il est toujours question d’imposition de critères. Il est toujours question d’expulsions « il y a toujours des expulsions » (même si le ministre fait référence à des personnes liés à des troubles de sécurité intérieure).
Cependant, les impressions recueillies auprès des gens qui ont participés aux réunions avec J. Milquet sont toutes bonnes, et je pense réellement que nous disposons désormais d’un interlocuteur honnête et à l’écoute, même si la confrontation est au cœur des discussions. Mais c’est bien ce qu’est la politique, une histoire de conflits. Il est nécessaire, à partir d’aujourd’hui, de s’intéresser à des propositions concrètes et pragmatiques d’évolution de la loi, pour les décennies à venir. Il m’a semblé, dans ce cabinet, qu’il était possible de poser les premières bases de réflexion, et peut être d’un débat public avec le ministère.
Le passage de Turtleboom à l’intérieur est cependant véritablement inquiétant : c’est une des plus belles manœuvres politiques que j’ai été donné d’observer, désengorgement d’une situation critique, dont les conséquences ne sont reportées qu’à l’avenir à moyen terme, dissolution d’un mouvement au moyen d’une intensification des actions répressives, qui, je le pense, ne peuvent être que graduelles. Malgré tout, tout en en ayant conscience, il ne faut pas se limiter à la critique sans pour autant espérer de solution, et tenter de jouer sur les minuscules failles qui sont créées aujourd’hui.
« Think globally, act locally. »
Greg
0495 72 35 68
http://danslesfers.wordpress.com
21 juillet 2009
COMMUNIQUE
COMMUNIQUE CRER
Bruxelles - Juillet 2009
« Le Comité ministériel restreint élargi s'est mis d'accord samedi soir, dans le cadre de l'accord de gouvernement, sur une "instruction" détaillant les critères de régularisation en application de la loi relative à l'accès au territoire, dont "l'ancrage local durable" et "les procédures anormalement longues" constituent la pierre angulaire. »
Cette nouvelle est colportée telle une victoire attendue depuis plus d’un an: « L'accord à propos de la régularisation des sans-papiers, intervenu samedi soir, vise à régler une problématique qui minait le gouvernement depuis un an et demi. ».
Autrement dit, c’est LE problème qui bloquait le gouvernement depuis tout ce temps et le voilà résolu en un temps record.
Certains se réjouissent et se disent que, tout compte fait, tout est bien qui finit bien ; ils sont prêts à ranger calicots et porte-voix, satisfaits d’avoir, d’une certaine façon, gagné.
Ceux-là peuvent aller se reposer et sont remerciés de leurs efforts et leur soutien.
D’autres, cependant, continuent à se poser des questions et regardent au-delà de cette information largement médiatisée.
Et que trouve-t-on derrière ces critères de régularisation ?
Le choix sélectif de certaines catégories de personnes qui pourront bénéficier des droits et d’autres qui seront maintenues dans l’exclusion sociale et l’exploitation.
Une opération « One Shot » (une fois) pour régler un « problème » avec les immigrés aujourd’hui mais aucune perspective d’avenir pour éviter de nouvelles situations inhumaines, la moindre mise en cause de la loi de 1980 sur l’accès au territoire et son application, et encore moins sur les centres fermés et les expulsions…
Le gouvernement prend des décisions pour résorber son manque de transparence et de débat politique sur les questions de fond et veut nous faire croire à sa bonne volonté de vouloir régulariser certains. Mais en gardant la même politique d’immigration on est condamné à revivre encore et encore les mêmes situations d’exclusion et de souffrance, lesquelles ne font que conforter les positions politiques racistes des partis xénophobes.
Malgré une dénonciation constante des différentes ONG et organisations de soutien au sans-papiers, de nouveaux budgets ont été récemment votés pour la création de nouveaux centres fermés. Les immigrés sont un danger, il faut les enfermer !
Lire sur les carnets noirs des centres fermés ; http://www.lesdoigtsdanslacrise.info/docs/le_carnet_noir_2.pdf
Ensuite, parue au Moniteur Belge la semaine dernière, une Circulaire envoyée par le Ministère de l’Immigration demande aux bourgmestres et chefs de police locale et fédérale des enquêtes de voisinage et pousse les citoyens à la délation. Dénoncez vos voisins s’ils n’ont pas de papiers !
Lire ici ; http://regularisation.canalblog.com/
Cette politique d’immigration glisse subtilement, lentement mais sûrement vers un système fasciste où l’exclusion de certaines catégories de la population et l’aide apportée par la population seront sévèrement punis, prenons exemple chez nos voisins Français et Italiens qui appliquent déjà de lourdes peines pour « délit de solidarité »
Quel monde nos dirigeants nous préparent-ils ? Quel avenir souhaitons-nous pour nos enfants ? Un monde où la solidarité (sentiment qui pousse les hommes à s’accorder une aide mutuelle)[1] devient un délit (fait qui cause un dommage à autrui et oblige à une réparation)[2] ? Un monde où nous disons à nos enfants que « ce n’est pas beau de rapporter » mais qui produit des lois où dénoncer son voisin est une action citoyenne ?
Il y a une soixantaine d'années nous disposions déjà d'une institution exceptionnelle qui nous permettait de régler le problème une fois pour toutes en enfermant et se débarrassant des indésirables tels que juifs, homosexuels, tziganes, handicapés, communistes et tous ceux qui se battaient pour un concept abstrait qu'on appelle la "liberté". Grâce à un système de communication efficace appelé « collabos », on les arrêtait, déportait en camp de concentration et le problème était réglé ! Ni vu, ni connu ! Et il a heureusement disparu en 1945 !
Aujourd’hui, malheureusement, il semble que, soit les politiciens soient trop jeunes pour s’en souvenir, soit qu’ils aient massivement séché leurs cours d’histoire, soit qu’ils soient frappés d’une épidémie d’Alzheimer car leurs différentes propositions rappellent furieusement des étoiles de diverses couleurs appliquées sur les poitrines de ceux qu’il fallait éradiquer !
Alors, juste pour rappel, notre beau pays qu’est la Belgique et dont « les immigrés menacent (tellement) l’identité culturelle » fut tour à tour : Celte, Romain, Franc, Français, Germain, Hollandais, Autrichien, Espagnol! Si ça c’est pas du Zinneke !
De plus, si chacun voulait faire sa généalogie, il y en aurait certainement plus d’un qui serait surpris et qui, on peut rêver, se mettrait à réfléchir ?
Nous demandons :
- Un moratoire pour arrêter les Expulsions
- La libération des personnes enfermées dans les centres de rapatriement
- La suppression des centres fermés
- Un audit de l'Office des Etrangers, du CGRA et du CCE
- L'ouverture de nouveaux centres ouverts avec les budgets prévus pour les nouveaux centres fermés.
- Un maximum de 6 mois en centre ouvert pour les demandeurs d’asile (comme recommandé par les Médiateurs fédéraux )
16 mai 2009
Turte...
Turtelboom interrompue par des sans-papiers à la KUL
Une quarantaine de sans-papiers ont empêché mardi pendant plusieurs dizaines de minutes la ministre de la Politique de migration et d'asile Annemie Turtelboom (Open Vld) de prendre la parole, lors d'une lecture devant les étudiants en sociologie de l'université catholique de Louvain (KUL).
"Régularisation maintenant"
Aux cris de "régularisation maintenant", ces sans-papiers, hébergés depuis la mi-mars à la KUL, ont d'abord bloqué l'entrée de l'auditorium de la Parkstraat, où était programmée cette rencontre.
Ils ont ensuite empêché la ministre de prendre la parole, et c'est avec une demi-heure de retard, et après une intervention du recteur de l'université Marc Vervenne, que Mme Turtelboom a pu entamer sa lecture.
Les sans-papiers hébergés par la KUL!
Les sans-papiers étaient fâchés de voir la ministre consentir à cette lecture - sans possibilité de contrepartie - devant les étudiants, alors qu'elle avait refusé leur propre invitation à participer ce jeudi à une conférence-débat avec deux professeurs et un autre responsable politique, selon Pol Van Camp, porte-parole des sans-papiers.
"Nous avons trouvé cette attitude déplacée et provocante", a-t-il ajouté. Le groupe de sans-papiers est hébergé depuis la mi-mars dans un bâtiment de la KUL, avec l'accord des autorités universitaires, comme c'est le cas également dans plusieurs autres universités belges. (belga/th)
09 mai 2009
Vue l’état catastrophique de la politique d’immigration et l’indifférence générale au niveau des grèves de la faim des sans papiers on vous invite a envoyer cette petite carte a la ministre de l’immigration belge Annemie Turtelboom !
Merci !!














